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Août 03

Reportage du Festival de cerfs-volants d’Alcochète 2017 au Portugal

23 juin

Second bivouac des clubs OK Mistral et plein vent de Toulouse sur la longue route (1700km) pour rejoindre le festival cerf-voliste d’Alcochète. Ce matin trois chevaux en liberté broutent quelques rares touffes d’herbe encore vertes à deux pas de nos camping-cars. La belle lumière du levant sur le lac,  parachève le cocktail de bonnes émotions pour débuter une belle journée et la fin de ce long voyage vers Alcochète.

A peine plus de 100km pour rejoindre le site du festival en bordure du Tage juste en face de Lisbonne et de son pont géant. Le temps de trouver une aire de service pour faire les vidanges et le plein d’eau et nous voila reparti sur une route pour le moins typique.

 

Le rafistolage de l’enrobé qui doit bien avoir 20 ans de service fait tout vibrer dans nos véhicules et nous fait tressauter comme des puces.Difficile de contempler les familles de cigognes, qui sont légion ici et qui se partagent les points élevés et le ciel avec les milliers d’hirondelles qui nous accompagneront tout au long de notre voyage.

 

Nous arrivons secoués mais entiers et motivés à Alcochète à 13h, heure locale soit 14h hexagone. Le soleil est ardent. Carlo , l’organisateur du festival, bloqué par son travail nous confirme que deux places de parking ont été réservées à deux pas du site de vol et du square que Michel devra habiller pour l’événement.

 

Le temps de se garer et la terrasse du Picolé (le bien nommé) nous attends pour notre première cure de Bachaleau (morue) ou de poissons fraîchement pêchés et grillés arrosés de la bière Super Bock (boisson locale mais universelle par temps chaud).)

Avec l’aide de Gilles, nous nous attaquons à la transformation du square engazonné et à moitié inondé par une nuit d’arrosage, en jardin du vent et scénographie à la sauce Ecoléole. Nous apprendrons à la réception de ce soir qu’avant le WE, ici, on inonde les jardins publics pour compenser le congé des jardiniers en fin de semaine. Donc nous ferons une installation en pataugeant et avec quelques soucis avec nos piquets pas trop prévus pour le marécage. Heureusement un soleil de 40° au moins nous file un coup de pouce et c’est nous qui devenons marécageux alors que la pelouse sèche.

A 18h le square du vent est fin prêt, Sarah la femme de l’organisateur nous annonce qu’un défilé de bannières est prévu pour l’ouverture du festival en centre ville, à 20mn à pied de notre campement. C’est le genre d’exercice que «nous affectionnons particulièrement» mais protocole oblige, nous nous prêtons à tous les défilés, aux  discours en Portugais et en anglais, aux  remises de cadeaux de bienvenue, au cocktail dînatoire (délicieux).

 

 

Nous avons les jambes en guimauve et des paupières de plomb. Ce soir nous sommes invités aux feux de Saint St Jean, une tradition au Portugal, comme celle des pétards qui éclateront jusqu’à une heure avancée de la nuit. Nous ferons les feux de la St Jean au lit ,un casque sur les oreilles. Tous comptes fait on a relativement bien dormi, on s’habitue à tout ou presque.

Ce soir le coucher de soleil sur Tage relevait du sublime il restera notre feu de la St Jean et un signe de bon accueil pour le festival de Papagaio d’Alcochète

 

24 juin et 25 juin

Les jeunes bénévoles de l’association d’Alcochète, ont veillé tard ou tôt …accompagnés par le concert de pétards et une partie de foot sur le parking à 6h. Après, donc, une bonne nuit de «récupération» et d’adaptation nous sommes les premiers sur la plage pour préparer notre espace matériel et tendre un grand vélum de 36m2 en lycra pour nous protéger des ardeurs du soleil.

Le temps de faire quelques aller et retours pour acheminer une centaine de cerfs-volants et objets volants non identifiables, nous trouvons confortablement installés sous le vélum un couple de cerfs-volistes venus de Jérusalem.

Bon! On veut bien être partageurs et accueillants mais quand même, pas de bonjour, pas de sourire, pas de protocole de courtoisie: le décalage horaire sans doute ? la barrière de la langue ou l’adaptation aux rythmes portugais peut être ?

Nous nous poussons pour faire de la place pour tout le monde et faisons contre mauvaise fortune bon cœur (diplomatie et représentativité obligent).

Les cerfs-volistes arrivent et à 10h les exhibitions de pilotes acrobatiques peuvent commencer. Un vent de cinéma (25km/h) habille le ciel d’un bestiaire que nous ne connaissons que trop bien mais les spectateurs d’Alcochète, de plus en plus nombreux découvrent  les cerfs-volants en manifestant leur enthousiasme. Dix nationalités sont présentes, hormis les chinois que l’on a perdu depuis hier soir et qui ont zappé la cérémonie protocolaire…

Nous partageons une petite plage qui se rétrécit avec la marée qui remonte l’embouchure du Tage. Nous volons finalement avec nos amis Israéliens, les cerfs-volistes anglais, espagnols, portugais et les belges. . Finalement nous faisons tous bon ménage, Antonio, Gilles, Monique, Murielle, Michel et toute l’équipe R’Sky pour la France et la douzaine de créateurs monofilistes qui mettent un point d’honneur à présenter leurs dernières réalisations.

Les Israéliens font sensation avec un immense tapis volant au concept aérodynamique surprenant, Monique et Gilles de Plein vent se battent pour faire envoler deux immenses roues qui se tordent et se crashent à plusieurs reprises avant de réussir un bel envol. Mais la palme de l’esthétisme et de l’innovation revient à cet anglais qui présente un archange stylisé, une méduse rose et surtout trois immenses oiseaux de paradis au vol majestueux et presque réaliste.

OK Mistral présentera 20 cerfs-volants, dragons flowforms, oiseaux préhistoriques, Gaston Lagaffe, Angie…etc. mais c’est la fresque  de 54m2 du monde fera l’événement, samedi après midi.  L’envol dirigé par Murielle et Michel fut entièrement réalisé par 6 volontaires Portugais 3 hommes et 3 femmes d’Alcochète et de Lisbonne (parité oblige).

Un beau moment de complicité et d’émotion commenté par Carlo et fort apprécié par le public nombreux.

Le soir pendant la nocturne OKM a embrasé à 100m au dessus des vols de nuit, des comètes (maison) suspendues sous un grand delta. Effet garanti et surprise pour les organisateurs et le public.

Deux jours de fête pour les cerfs-volistes et un public émerveillé et participatif.

Les teams acrobatiques 2 et 4 lignes français (R’Sky) et espagnols ont offert un beau spectacle Nous avons été bluffés par les nouvelles tendances de ballets aériens théâtralisés, bande son, scénario et costumes: un créativité qui n’a laissé personne indifférent et une virtuosité circassienne  mise en œuvre par des amateurs (très avertis).

Malgré le ciel menaçant du dimanche et le vent fantasque passant de 0 Beaufort à force 6, le public était là plus nombreux encore. Nous surprenons beaucoup de couples et de familles faisant des selfies au milieu de notre jardin du vent, mais nos installations ont été respectées par tous ces visiteurs qu’ils soient adultes ou enfants.

Une fin de rencontre autour de sardines grillées et de vinoverde. Gentillesse, courtoisie, enthousiasme, petites  attentions des organisateurs portugais qui ont poussé l’hospitalité jusqu’à nous apporter, individuellement, aux heures les plus chaudes, des bouteilles d’eau glacées. Nous avons eu l’impression de retrouver les ambiances des festivals que nous organisions il y a 20 ans qui se vivaient dans l’enthousiasme des cerfs-volistes et d’un public qui découvrait à l’envie ces drôles de machines volantes et leurs pilotes concepteurs.

Le ciel s’éclaircit, le soleil se couche, l’horizon flamboie à nouveau. Pour la seconde nuit le groupe électrogène, installé juste à côté de nos roulottes, «nous bercera». Demain nous continuons la route sans nos amis toulousains qui repartent pour la France.

Merci à la ville d’Alcochète, merci à Carlo et Sarah, merci au Président du club d’Alcochète et aux nombreux bénévoles qui nous ont accueilli et organisé cette belle rencontre.

MT