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Jan 25

Stéphane Blanco : l’altruiste volant

stéphane BlancoLorsque ma route a croisé celle de Stéphane Blanco, prof de maths au lycée de Sète,  il y a 12 ans, jamais, je n’aurais imaginé les conséquences après avoir semè cette petite graine de  passion du vent et des cerfs-volants chez quelques gamins de SECPA, au lycée Joliot Curie de Sète.

Stéphane est un homme entier, sans détours ni concessions sur la sincérité et la générosité des rapports humains. Cela lui joue parfois quelques mauvais tours . Grande gueule,  capable de révoltes et d’emportements contre les injustices et les bassesses de notre époque, il ne plait pas forcément à tout le monde. Mais Stéphane c’est aussi et surtout une boule d’énergie incroyablement contaminante.

Je revois nos tâtonnements pour créer ce cerf-volant  de secours (CARN’System)  testé sur une barque au moteur en rade au milieu de l’étang de Thau. Et ce champion kayakiste déjanté, venu de Normandie,  qui avait accepté d’embarquer, par une Méditerranée démontée et une Tramontane  force 8, avec notre N’nième proto . J’ai encore en images et odeurs les quelques heures passées sur le grand Catamaran Delta Voiles de Michel Mante, au large de Palavas sur une mer d’huile, cette fois, pour une démonstration des capacités tractives de notre engin volant (pas très probant ce jour là…).

DSCF0055Stéphane apprend vite  et ne s’embarrasse pas de spéculations quand il entreprend. Un jour de juin 2002, je crois, Stéphane m’a déclaré:  » je plaque mon métier d’enseignant et je pars à la Rochelle pour construire un bateau à cerf-volant ». Là, où le commun des mortels trouverait 100 000 raisons de rester raisonnable , Stéphane , lui, a foncé tête baissée… Dépôt d’un brevet, vente de son appartement de Sète (pour les premiers investissements) , partenariats avec l’IUT, création d’une micro entreprise, réseau, prototypes, communication , salons…. galères… succès…. échecs…. re-succès…re-échecs… la routine des créateurs d’entreprises !.

Alors oui il est vrai que Stéphane est impatient et que si la reconnaissance se fait attendre, si son réseau tarde à réagir,  il se s’attarde jamais, poursuit  son action avec d’autres et n’hésite pas à modifier ses objectifs et ses domaines d’investigations.

Le bateau à cerf-volant existe bien, mais le milieu de la voile reste condescendant, quand à la fédération de vol libre, son Président s’est intéressé au dernier salon  du nautisme à cette démarche, mais le concept est si novateur si marginal qu’il ne peut s’intégrer, pour l’instant, dans les activités sportives de glisse du vol libre.

Alors Stéphane à décidé d’offrir aux plus démunis son innovation et son idée, non pas par dépit mais par humanisme. En France il semble que ce genre d’idée n’intéresse personne, au Sénégal l’idée vient de faire un carton !

Déjà, le cerf-volant de Stéphane avait sauvé la vie d’un kayakiste solitaire en perdition au milieu de l’Atlantique, demain ce sont des centaines de pêcheurs africains qui reviendront sains et saufs à terre.  Bientôt nous n’aurons peut -être plus les moyens de remplir les réservoirs de nos béquilles motorisées nautiques ou terrestres, au Sénégal et ailleurs les plus humbles de nos contemporains  auront maitrisé le vent pour se moquer de nos pénuries… et si c’était eux qui étaient en avance ?.

Stéphane Blanco avec sa gouaille et son utopisme raisonné (un paradoxe), nous donne une belle leçon de courage, de pugnacité et de générosité. C’est un bol d’air frais qu’il serait bon de voir circuler sur nos activités cerfs-volistes passablement assoupies après des débuts si prometteurs il y a justement 12 ans : jour de la naissance cerf-voliste de Stéphane.

Bon vent à toi, mon frère du vent!

Michel